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La musicothérapie : une technique de soin d’avenir ! |
Formation avec Stéphane Guétin : MONTPELLIER du 15 au 19 MARS 2010

Un air de Bach pourrait-il apaiser la souffrance provoquée par un nerf sciatique ?
Les travaux de Stéphane Guétin, chercheur au CHRU de Montpellier viennent d’établir que la
musicothérapie peut soulager bien des douleurs. Et remédier, autant que bien des traitements,
aux états d’anxiété et de dépression.
Dans les années 1960, c’est en stomatologie que l’on découvre l’origine du traitement de la douleur par la musique. Plusieurs études laissent alors entendre que la musique semblait diminuer la douleur, mais le manque de rigueur dans les méthodes empêchaient d’avoir une idée précise de son réel impact. On n’était pas non plus parvenu à déterminer quel élément de la musique pouvait être responsable de l’effet analgésique...
A Découvrir en ligne
Emission 36.9° - Magazine santé (durée : 1h01)
Voir le reportage TV en ligne sur la Musicothérapie (TSR)
En France depuis 2003 de nouvelles études scientifiques réalisées auprès de patients
douloureux sont publiées. Berceau de ces recherches : le Centre Hospitalier Régional et
Universitaire de Montpellier. Stéphane Guétin, chercheur-musicothérapeute, musicologue et
doctorant en psychologie à l’université Renée Descartes de Paris V en fut l’instigateur
Rattaché au Centre Mémoire de Ressources et de Recherches (CMRR) et à une équipe de
l’INSERM ses résultats ont été publié dans diverses revues internationales. Aujourd’hui,
responsable de l’association de Musicothérapie Applications et Recherches cliniques
(www.amarc.fr ), il étend ses travaux à différentes applications notamment aux troubles
anxieux et psycho-comportementaux dans la maladie d’Alzheimer.
Partant des recommandations de la littérature scientifique Stéphane Guétin a notamment
développé une nouvelle technique de musicothérapie : le montage en « U » aussi nommée la
Relaxation Musicale Personnalisée©. Une technique basée sur l’écoute d’une séquence
musicale de 20 minutes. Cette séquence assemble des thèmes musicaux, composés
spécifiquement dans ce cadre, de quelques minutes chacun, fondus et enchaînés afin d’amener
progressivement le patient à la détente. L’effet agit par une réduction du rythme musical, de
la formation orchestrale, des fréquences et du volume (Phase descendante du « U »). La phase
de détente maximum (partie basse du « U »), est suivie d’une phase re-dynamisante (branche
ascendante du « U »). Des oeuvres originales de musique instrumentale sont ainsi composées
concernant un nombre varié de styles adapté à la demande du patient. Ceux ci peuvent ainsi
choisir un style précis correspondant parfaitement à leur demande : musique classique, du
monde, jazz, variétés. Un choix variable d’un patient à un autre, mais également variable
d’une séance à une autre pour un même patient.
Sur un plan technique, il a en effet été démontré que le style de musique utilisé est l’un des
facteurs principaux de réussite. En milieu médical, le personnel formé à l’utilisation de cette
technique doit donc avoir à sa disposition une base de données suffisamment adaptée au goût
des patients. Plusieurs genres peuvent être proposés : musique classique (baroque,
romantique…) jazz (dixieland, blues, moderne…), musique du monde (cubaine, des Andes,
flamenco…). Les patients doivent également pouvoir choisir l’instrument qu’ils préfèrent
(piano, guitare, violon..). Il est d’ailleurs conseillé d’utiliser de la musique instrumentale.
Dans plusieurs études qu’il a publiées, Stéphane Guétin observe une diminution de la douleur
ressenti (de 40 à 60%) chez les patients qui ont bénéficié de ces programmes musicaux. A cet
effet, l’Association de Musicothérapie Applications et Recherches Cliniques (AMARC), en
collaboration avec le CHRU de Montpellier, met à la disposition des patients hospitalisés une
large variété de styles musicaux personnalisés par le biais d’un logiciel spécifique. L’écoute
au casque est particulièrement recommandée, permettant la rupture avec l’environnement
sonore hospitalier souvent anxiogène (porte, alarme, Bip…). De plus en position allongée
elle favorise la décontraction musculaire et la détente. Le port d’un masque est recommandé
afin d’éviter les stimuli visuels, et favoriser la concentration sur la musique.
A la demande des patients et afin de leur permettre de continuer à bénéficier de cette
technique lors de leur retour à domicile, la maison d’édition musicale Music Care
(www.music-care.com ), en lien avec les recommandations de l’AMARC, a créé un nouveau
concept par internet. Ainsi, les patients ayant réduit leur consommation médicamenteuse et
ressentant une amélioration suite à ce programme pourront désormais accéder aux séances de
Relaxation Musicale Personnalisée© à domicile par un système d’abonnement.
Une étude contrôlée récente, réalisée au centre d’Evaluation de Traitement de la Douleur du
CHRU de Montpellier démontre une baisse significative de l’intensité de la douleur, de
l’anxiété et de la dépression par une utilisation à domicile. Chez certains patients, une
réduction des consommations d’antalgiques, d’anxiolytiques et d’antidépresseurs a aussi été
observée. Ces résultats sont confirmés par d’autres études menées auprès de patients souffrant
de lombalgie chronique, de rhumatisme, de fibromyalgie…Des résultats qui confirment
l’efficacité de cette nouvelle technique de musicothérapie contrôlée et standardisée et ont
conduit le Centre d’Evaluation et de Traitement de la Douleur du Centre Hospitalier
Universitaire et Régional de Montpellier et d’autres services à en faire bénéficier leurs
malades.
Cette technique a également démontrée son utilité auprès de personnes atteintes de la maladie
d’Alzheimer. Plus généralement la musicothérapie stimule les fonctions cognitives, agit sur
l’anxiété, les phases dépressives, l’agressivité et améliore de façon significative l’humeur, la
communication et l’autonomie des patients.
Des témoignages éloquents
Josiane. Institutrice de 53 ans, cette patiente est venue consulter pour une polyarthrite
rhumatoïde évoluant depuis 2 ans.
« C’était très reposant, j’ai bien senti le cheminement. J’ai eu des picotements dans les yeux.
En sophrologie, la voix du thérapeute ne produit pas cet effet. Je préfère cette méthode à la
sophrologie. Je ne pensais pas que la musique avait un tel pouvoir sur moi. Cela me surprend
que je ne pense à rien. Normalement, je pense tout le temps. »
« On se sent plongé dans une vague, on se sent bien. On se parle mais on est calme, on ne
pense plus à la douleur. Les douleurs disparaissent sans que je m’en rende compte. Je me sens
complètement apaisée et détendue »
Marc. Agé de 31ans, est enseignant en mathématiques. Hospitalisé à la suite d’un accident de
voiture. Il souffre de problèmes cervicaux et lombaires.
« Quand j’écoute la musique, je m’échappe et j’oublie les contractures. La musique m’évoque
beaucoup d’images. Elle me détend et me relaxe.
Cela fait du bien. Je suis réceptif à la musique. Elle permet de s’évader et d’oublier tous les
soucis. Je me suis « lâché », déconnecté du monde. »
Stéphane Guétin
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