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La psychosomatique
Le grand bleu de la psychosomatique 

En guise d'introduction  

Quand Michèle m'a demandé d'écrire un article sur la psychosomatique, je n'ai pas tout de suite réalisé à quel cheval fougueux je m'attelais. Dans quelle arène je me jetais, centre de mire de tous les lecteurs qui s'intéresseront l'article avec leurs diverses expériences. Ce n'est qu'après avoir rassemblé mes idées que j'ai comtemplé l'ampleur de la difficulté : j'ai beau soigner et parfois guérir des affections psychosomatiques depuis bientôt 25 ans, j'ai eu beau emmagasiner une panoplie de méthodes différentes, eh bien : je ne sais toujours pas vraiment pourquoi une personne peut guérir en 1 ou 2 séances alors que je vais tout essayer sans succès avec une autre. Pourtant, quand je lis les ouvrages qui traitent de l'influence du psyché sur le corps, je trouve une quantité extraordinaire de certitudes : au début, j'ai essayé d'apprendre cela par coeur, comme un bon élève, puis je me suis rendu compte que selon les auteurs les interprétations variaient. C'est très déstabilisant ! Qui croire ? Le monde de la psychosomatique n'est-il qu'illusions ? Nageons-nous tous dans un grand bleu océanique et flou ?  Pourtant non, car la réalité est là : le stress, les traumatismes psychiques et les émotions vives provoquent bel et bien des troubles physiques, tout le monde a pu le remarquer. Et à l'inverse, une écoute empathique, un massage libérateur, une sophronisation réussie, un rite magique, un mantra tibétain, ... peuvent réellement guérir, et parfois de façon quasi miraculeuse.Pouvons-nous pour autant tous prétendre au grand bleu du bouddha de médecine ?  De tous temps des hommes ont guéri d'autres hommes, sur toute la surface de la terre, et avec des croyances différentes. La première étape de la guérison consistait à donner un nom à la maladie et à en trouver l'origine et la signification. Selon les âges, l'origine a pu se trouver soit dans les colères des Dieux ou dans les astres, ailleurs dans une énergie perverse ou un karma, ou encore dans la faute d'un coupable, dans une faute personnelle, un désir refoulé, et maintenant les causes se trouvent dans le stress, un dérèglement hormonal, un microbe ou pour suivre la mode : dans les chromosomes. Savoir ce que l'on a est extrèmement rassurant et thérapeutique : rien de plus terrible que d'être atteint d'une affection floue : « vous n'avez rien de grave, vos examens sont normaux, ça doit être nerveux ! ». Angoissant. « On ne trouve pas ce que j'ai », « les médecins ne comprennent pas », ... La porte est ouverte : bienvenue au thérapeute qui vient avec une certitude rassurante et un visage ouvert et libérateur ! Celui-là va être immédiatement efficace, surtout si la maladie ne guérissait pas à cause de la propre incertitude qu'elle engendrait ...  « Vous êtes malade parce que ... et donc je vais vous guérir en agissant sur cette cause ... »Ainsi, on a fait des sacrifices aux Dieux, de l'acupuncture ou du Shiatsu, on a banni et rejeté du clan, on s'est confessé et on a psychanalysé. Maintenant, on préfère sophroniser,  hormoniser, antibiothéraper et on va bientôt généticothéraper. Et comme à chaque fois ça fonctionne (au moins dans un certain pourcentage de cas), c'est que l'hypothèse de départ était juste. Comment s'y retrouver dans ce grand bleu ? Psycho-somato-psychique, ou somato-psycho-somatique ? Quand je suis stressé, je mange trop vite et je digère mal. Mon ventre ballonne et se tord. Comme je vais mal des intestins, je ne suis pas bouddha : esprit lent et fatigué, et même inquiet : « et si j'avais quelque chose de grave ? ». P-S-P. Quand j'attends mes règles, je démarre au quart de tour. Je culpabilise de mes colères et ça me donne des migraines. S-P-S Alors, quand je vois tout le travail urgent qui attend et que je vais devoir passer la moitié de la journée au lit avec cette foutue migraine, ça me stresse encore plus. Retour case départ. SPSPSP.  CQFD ? Peut-être pour démontrer l'interconnection absolue du psychisme et du corps. Depuis longtemps nous les séparons, afin d'être pédagogique et de mieux s'expliquer aux patients-clients et aux élèves de naturopathie. Mais attention, c'est qu'ensuite on y croit ! Vous avez dit holistique ? Facile, tout ça, c'est du placebo !Moi, je veux bien que ma pratique soit du placebo, d'ailleurs j'en suis très fier. Et surtout mes patients ont l'air d'en être très satisfaits. Mais qu'est-ce que le placebo ? Le nocebo, lui, on commence à connaître, à force de lire les notices des médicaments : on sait que si l'on prend une pilule vide, on risque de présenter des effets secondaires dans 15% des cas : sensation de fatigue (4%), troubles digestifs divers (5%), vertiges (3%), voire allergies, etc. Le placebo, c'est plus difficile car cela dépend de l'affection que l'on souhaite guérir : un ulcère à l'estomac cicatrise spontanément dans 40% des cas. Donc tout placebo fonctionne dans 40% des cas. Mais si un médecin donne lui-même le placebo avec la conviction de donner un médicament efficace, le patient va cicatriser dans 60% des cas. Donc le placebo fonctionne dans 60% des cas. Mais si le médecin est hypnothérapeute ou un peu sophrologue et propose une relaxation de Shultz, nous montons à 70-80%. Le placebo fonctionne alors dans les 3/4 des cas.   Un autre exemple ? Une agoraphobie (définition DSM IV) guérit spontanément dans 40% des cas en 1 an. Si on met 100 personnes en liste d'attente en leur promettant qu'elles vont avoir bientôt un rendez-vous avec un psychothérapeute, 45 à 50% vont guérir. Rien qu'à espèrer !Si on les met en thérapie d'entretien simple (écoute active et empathique), on a encore une amélioration supplémentaire de 10% par rapport à la liste d'attente. Et si on les met en thérapie comportementale et cognitive (TCC), on gagne encore 20 à 25% de plus. Les TCC ont donc gagné le concours du placebo le plus efficace, avec 85% *  * Tous ces chiffres statistiques sont "officiels"  Certains considèrent toute psychothérapie comme placebo, et ils ont peut-être raison : les TCC sont absolument inefficaces chez les africains animistes, chez ceux qui croient en la prédestination, et peu efficace chez les patients qui considèrent que toute affection est symbolique : tous ceux-là risquent de voir l'effet placebo des TCC chuter à 30% (estimation personnelle de l'auteur) : pire qu'inefficace, car on met un doute dans les certitudes !  Moi, j'ai du mal avec les certitudes : j'ai vu des patientes victimes de cancers du sein et culpabilisant de savoir qu'elle en étaient en partie responsables. Et en mourir, avec la culpabilité en plus. J'ai vu un couple aller très mal car l'homme s'étant fracturé le coude droit, c'était signe d'un problème grave avec sa femme, laquelle a enfoncé le clou pour « punir » son mari. J'ai vu une femme ayant des problèmes en fin de grossesse traumatisée par l'annonce que c'était à cause, je cite : « de 7 entités malfaisantes qui s'étaient introduites en elle pendant une anesthésie ». Et j'en passe. Parfois, cela me fâche. On confond Vérité et véritisme sectaire. Ah, les certitudes des "ismes" !  Sommes-nous capables de soigner sans certitudes, en toute humilité ? « Je l'ai pansé, Dieu l'a guéri ».Sommes-nous capables d'être soignés sans savoir comment ni pourquoi ? D'effectuer un lâcher-prise total dans les mains du Vivant ? De cultiver un art de vivre, « Art de mourir » comme dirait l'éveillé Osho ?Mais passons aux choses sérieuses (!). Les principaux troubles psychosomatiquesOn sait depuis longtemps que de nombreuses affections présentent une composante psychosomatique : elles sont plus ou moins facilement déclenchées et entretenues par les états de stress. C’est pratique courante dans la journée de tout thérapeute. 

Voici une liste non exhaustive de divers troubles rapportés au stress en 2005 :

–         Au niveau cardio-vasculaire, on peut être gêné par des palpitations, des tachycardies, et on peut majorer le risque d’infarctus du myocarde
–         Au niveau thoracique, on va présenter des névralgies intercostales, des oppressions respiratoires, et majorer la maladie asthmatique
–         Le tube digestif peut être atteint à tous les niveaux : la bouche avec des sensations de brûlures sans cause, l’œsophage avec des spasmes, l’estomac avec l’hyperacidité gastrique, le gros intestin avec les diarrhées ou au contraire la constipation de stress, et surtout le syndrome du colon irritable
–         La vésicule biliaire peut se trouver bloquée par le stress, provoquant des troubles digestifs avec nausées, fatigue et vertiges
–         Au niveau urinaire, on peut présenter des envies fréquentes d’uriner, sans infection urinaire ni autre cause
–         La plupart des troubles dermatologiques sont aggravés par le stress, principalement l’eczéma, le psoriasis, l’urticaire chronique et la pelade
–         De la même façon, si certaines maladies rhumatologiques comme la fibromyalgie ont une origine clairement psychosomatique, la plupart de celles qui touchent le rachis sont aussi aggravées par le stress, qui majore les contractures para vertébrales
–         Au plan endocrinien, de très nombreuses maladies peuvent être déclenchées suite à un stress important, principalement des dérèglements hypophysaires, thyroïdiens, ou surrénaliens qui risquent de laisser des séquelles définitives ; L’apparition d’un diabète chez l’enfant et le dérèglement d’un diabète de l’adulte peuvent aussi y être liés
–         Les troubles gynécologiques sont très fréquemment aggravés par le stress, surtout tout ce qui a trait à la sexualité : frigidité et vaginisme
–         La sexualité masculine est aussi extrêmement sensible, et de nombreuses impuissances ou éjaculations précoces sont d’origine psychogène
–         Le bon déroulement de la grossesse peut être perturbé par le stress, responsable d’avortements ou d’accouchement prématurés ; On a même prouvé que la présentation par le siège était en grande partie liée à la tension nerveuse
–         Le système nerveux y est aussi sensible : migraines et névralgies sont souvent déclenchées, sinon aggravées par le stress
–         Le dérèglement du système immunitaire est bien connu du grand public : on sait que la fatigue nerveuse va provoquer des infections à répétition, on attrape tout ce qui passe
–         Chez l’enfant, l’énurésie, les troubles du sommeil, de l’appétit, l’asthme, les douleurs abdominales à répétition, sont autant de pathologies liées plus ou moins directement aux perturbations du climat familial ou scolaire. Le comment Une des façons de considérer le comment des affections psychosomatiques est de faire appel aux notions d'adaptation au stress. d’après son concepteur, H. Selye, « Le stress, c’est la vie » : Le stress peut être conçu comme une opportunité de réorganisation et d’évolution pour l’homme, sollicité par son environnement. H. Selye parlait du « syndrome général d’adaptation », processus de réaction au stress qui se déroule en 2 à 3 phases successives :1- Une phase d’alarme, lorsque des stimulations désorganisent un fonctionnement antérieur : un évènement soudain nous surprend, nous apprenons une mauvaise nouvelle, nous subissons une altercation, … Cette réaction d’alerte emballe les systèmes sympathique et médullo-surrénalien, avec production d'adrénaline et de noradrénaline. L'ensemble de l'organisme est en éveil absolu, les muscles sont contractés, prêts à l'action. Malheureusement, ils peuvent rester tendus de tous côtés : dans les trapèzes (cervicalgies de tension), dans la tête (céphalées), les intestins (spasmes), la vessie (pollakiurie), le sphincter d'oddi (crise de foie), en fait partout où il y a des muscles, enraidissant les articulations et aboutissant même à la fibromyalgie. On comprend que la relaxation de Jacobson (contraction préalable suivie de décontraction) soit une des plus efficaces et la plus étudiée scientifiquement. 2-  La deuxième phase fait intervenir le système hypothalamo-hypophyso-cortico-surrénalien, avec production de nombreuses hormones, dont le CRF, l'ACTH et le cortisol. Pendant cette phase, une réorganisation s’élabore mettant en place un nouvel équilibre : nous prenons acte de l’évènement et nous tentons de nous y adapter. 3- Si l’adaptation n’est pas possible ou est inefficace, une phase de détresse peut survenir, pendant laquelle de nombreuses affections peuvent survenir, dont le biais sera alors plus humoral : acidose, troubles hormonaux endocrines ou exocrines, etc. pouvant éventuellement mener à des difficultés psychologiques. Et le pourquoi ? De tous temps, la science s'est intéressée au comment et la religion au pourquoi. Tout va bien d'ailleurs quand chacun reste dans son domaine et n'empiète pas sur celui de l'autre. Je connais bien l'astronomie, mais j'ai été scotché par une question de ma deuxième fille qui, à 5 ans, m'a clairement demandé : « Pourquoi y a-t-il des étoiles dans le ciel ? ». J'ai bafouillé. Donc, pourquoi sommes-nous parfois malades ? A ce niveau, la réponse à mon avis ne peut être qu'individuelle, car elle fait référence à la manière de chacun de concevoir la vie. Mon rôle de thérapeute m'oblige personnellement à accompagner de façon Socratique la démarche de libération de chacun, c'est à dire en l'aidant à aller jusqu'au bout de son approche personnelle. Notions évolutionnistes En 1965, le physiologiste Claude Bernard expliquait dans l’introduction à la médecine expérimentale que la principale caractéristique de la matière vivante est sa capacité à maintenir son milieu dans un état d’équilibre : c’est ce que W.B. Cannon a appelé l’homéostasie, c'est-à-dire la tendance d'un organisme à rétablir continuellement son équilibre antérieur. L’homéostasie règle quasiment toutes les fonctions corporelles, de la température aux hormones, du sommeil à l’équilibre psychologique. Freud parlait du principe de constance des plans affectifs, relationnels ou sexuels ; Nous avons tout simplement des habitudes de vie.  Quand un agent stresseur vient perturber notre organisme, ce dernier va s’adapter afin de répondre à ce trouble, et tendre à retrouver un nouvel équilibre ; Mais entre temps, il a changé, il a évolué. Ainsi, quand un virus nous attaque, nous tombons malade (première phase de Selye), puis notre immunité se met en place (deuxième phase), et nous guérissons la plupart du temps en ayant acquis au passage une immunisation définitive. Le processus est le même après une fracture, une intervention chirurgicale ou un deuil. Ainsi, à travers sa confrontation avec l’environnement, l’individu acquiert de nouvelles façons de penser et de considérer la vie, à l’origine de nouveaux comportements.  Vu sous cet angle, le stress est l’épice de la vie, sans lequel celle-ci ronronnerait dans une apathie mortelle. C'est ainsi notre principal facteur d'évolution, c'est le feu sous le creuset de notre alchimie. Le pourquoi des maladies psychosomatiques peut y trouver une interprétation et une signification, que je laisse à chacun le soin d'adopter.  Maintenant, s'il y a des maladies qui sont assez clairement d'origine psychologique, il y en a d'autres qui ne le paraissent pas du tout à première vue (varices, entorses, grippe, ...)Mais le doute étant toujours permi,Psychosomatique, ou pas ? Comment va-t-on faire pour savoir si les troubles que l’on présente peuvent être en partie psychosomatiques ?  En fait, on se retrouve souvent dans la situation suivante : Après un nombre plus ou moins important d’examens, les médecins n'ont pas trouvé de cause réellement évidente aux troubles que l'on présente.  On a pu alors s’entendre dire la phrase très désagréable : « Mais vous n’avez rien ! » ; D’ailleurs je vous donne tout de suite la traduction, car cela veut dire en fait : « Madame, monsieur, je n’ai rien trouvé de grave chez vous au niveau corporel, les limites de ma compétence sont atteintes mais je ne sais pas comment vous le dire car je suis gêné de ne pas avoir de solution à vous proposer en dehors de quelques calmants » Les médecins ont peur d’aborder le pôle psychologique, car ils savent que cela risque de bloquer inutilement certains patients, ou bien au contraire de les mener très loin dans la discussion ; Et faute de temps, il est plus facile d'abréger …  La première solution que je suggère est alors de poser directement la question à son médecin traitant : « Est-ce que les troubles que je présente peuvent être plus ou moins d’origine psychosomatique ? », ou : « Est ce que je peux aggraver mes troubles d’une manière ou d’une autre, par mon stress ou mes soucis ? » - S’il dit oui, la balle est bien – en partie du moins - dans votre camp ; Ceci dit, surtout ne culpabilisez pas, vous n’avez pas besoin de vous charger d’un fardeau supplémentaire !!! Vous n’y êtes pour rien, dans cette façon de fonctionner qui vient de votre enfance, des épreuves de votre vie, de votre façon de gérer le stress, etc. - S’il dit non : si par contre votre médecin vous répond que vos troubles ne sont pas psychosomatiques, faites tout de même passer sa réponse au crible de votre vie : il a peut-être raison, mais peut-être pas ; Il ne peut vous connaître aussi bien que vous-même, ou aussi bien que vous pourriez le faire après un entretien prolongé avec un psychothérapeute.  La deuxième solution est donc de chercher à s’en rendre compte par soi-même : on peut souvent faire le lien entre certains symptômes et l'état de stress que l’on vit à longueur de journée. Une crise de foie après une contrariété, une poussée de psoriasis après une menace de licenciement sont des signes qui ne trompent pas. A l’inverse, on peut essayer de remarquer si ces troubles disparaissent ou du moins s'améliorent lors de périodes plus calmes, pendant les week-ends ou les vacances par exemple. Une fois que j’ai compris qu’une de mes maladies est liée au stress, que puis-je y faire ? La réponse médicale classique est de prescrire des anxiolytiques voire des antidépresseurs, qui aident à soigner la plupart des maladies vues ci-dessus. A soigner, mais rarement à guérir. La réponse des médecines douces est plurielle, souvent holistique et la plupart du temps plus adaptée car il faut du temps et de l'empathie, ingrédients difficiles à trouver par les temps et chez les gens qui courrent.   Aller, je me lance, j'ose dévoiler humblement (ou courageusement) mes approches. 

Exemple de prise en charge des affections psychosomatiques Je présente ici une approche sophrologique et psychothérapeutique. Après une brève explication de la gestion anti-symptomatique de la crise elle même, je procède comme en naturopathie : désintoxication puis revitalisation. Je considèrerais en dernier le travail possible sur un traumatisme déclenchant. 

1-      Gestion de la crise Certaines maladies se présentent sous forme de poussées aiguës : spasmes coliques, migraines, poussées de démangeaisons d’eczéma, … La prise en charge est assez souvent la même : on observe minutieusement la gêne ou la douleur ressentie, puis on la remplace par une autre sensation, une émotion voire une pensée. 

a- Observation des caractéristiques du trouble
La technique du focusing, en se concentrant sur la douleur ou la gène du trouble psychosomatique, recherche non seulement sa localisation et ses irradiations mais va lui associer une couleur, une texture, une forme voire une odeur. Ainsi, chaque trouble va être caractérisé. Par exemple, vous souffrez d’un mal de dos, irradiant dans le cou, à type de crampes, de couleur rouge sombre, dure, faisant penser à une carapace, d’odeur terre, oppressante, vous empêchant d’être efficace dans la vie Ce travail permet de favoriser une certaine distanciation vis-à-vis du trouble : on le regarde de façon plus détachée. On renforce la « conscience du veilleur ». 

b- La personne va chercher une sensation opposée
Dans mon exemple, la sensation peut-être la perception d’une peau souple, jaune claire, d’odeur gingembre citronnée, avec une sensation de liberté c- En sophronisation, on va ancrer cette sensation lors d’un moment de calme. On convient d’un signe signal, qui facilitera la substitution sensorielle au moment de la crise. d- Lors de la survenue du trouble, un pratique une évacuation de l’image mentale élaborée, sans animosité ni force de volonté : Il faut plutôt l’inviter à partir : « Je n’ai plus besoin de toi » e- Suivie de la mise en place de la nouvelle sensation ; A ce moment-là, un abord transpersonnel est heureux : « Merci de la santé retrouvée pour ... »  

2-     Atténuer la charge anxieuse 
En naturopathie, c’est la partie de l'accopagnement que l'on appelle « Assécher les surcharges »  La plupart des maladies passent par des phases d’aggravation désagréables. Ces phases vont provoquer une activation émotionnelle et anxieuse. Un petit discours intérieur se met en place : « Oh, c’est pas vrai, çà recommence », « Je ne peux plus supporter cela », « Je n’ai jamais eu de chance dans la vie », « Et personne ne me comprend », … Tout cela tourne souvent autour de la peur de la maladie, de la souffrance, de la mort, de ne pouvoir guérir, d’être dérangé dans no projets, de souffrir de solitude, …Or, toute souffrance est directement proportionnelle au NON.  Et cette participation anxieuse va majorer les troubles, c’est ce qu’on appelle l’interaction somato psycho somatique. Par exemple, dans la crise de migraine avec aura, le réflexe conditionné d’appréhension lors de la survenue de l’aura induit dans 40% des cas une crise qui sinon ne se serait pas déclenchée .  L'accompagnement idéal me semble l'approche Socratique :On va rechercher avec la personne ce qu’elle ressent et ce qu’elle se dit lors de ces mauvais moments et recherches une (ou des) pensées alternatives, c'est à dire d'autres façons de considérer la situation.

Par exemple : « Chacun a sa part dans la vie », « Cela va finir par passer », « Je suis satisfait de faire ce que je peux, avec mes possibilités », « Les gens peuvent continuer de m’apprécier, même si je ne suis pas très efficace en ce moment », … On cherche une émotion et une pensée agréables :Par exemple : « Je reste serein, calme, efficace à mon niveau, … même en cas de crise », « Je reste libre et indépendant de ma douleur », … Et enfin on ancre tout cela en sophronisation, afin de pouvoir le réutiliser lors de la crise. L'aspect relationnel Il est fondamental à considérer, car des difficultés de communication risquent de faire perdurer un trouble : "Ce qui ne s'exprime pas s'imprime" disait J. Salomé, dont un des ouvrages s'intitule : "Des maux pour le dire". Ainsi, apprendre à faire une demande, à refuser un service, à négocier, à critiquer, à recevoir une critique, à gérer une critique floue ou une manipulation, sont autant de savoir-faire qui permettent à la longue de guérir certaines affections reliées à des non dits ou au stress du harcèlement.  

3-     Favoriser l’auto guérison 
Le bon sens populaire connaît bien le rôle que joue le moral dans le processus de guérison. Notre rôle à nous thérapeute est de favoriser ce processus d’auto guérison. Comment faire mieux que Placebo ? Tout d'abord et comme toujours, l’empathie du praticien est le meilleur garant de l’efficacité de la prise en charge.  Ensuite, il convient d'être un peu parano et de se méfier des principaux obstacles à la guérison, qui sont principalement :
–         La présence d’un état dépressif, nécessitant une prise en charge adaptée
–         La présence d’une phobie intéroceptive (peur des perceptions corporelles), pouvant répondre à la sophrologie et à une pacification par rapport à la maladie et à la mort.
–         Un trouble hypochondriaque
–         La présence d’un trouble anxieux généralisé (relaxation et TCC).
–         Une personnalité histrionique, (mise en évidence et assouplissement des schémas cognitifs sous jacents)
–         Un bénéfice secondaire (social, financier, …) à mettre à jour très progressivement.–         J'ai dû en oublier ... Le travail sur le schéma corporel, notamment de la partie malade, me semble fondamental :Il peut se réaliser de différentes façons : 
–        Par les massages :Si la santé est la libre circulation de la Vie en nous et autour de nous, rétablir cette santé nécessite de favoriser cette circulation chez la personne soignée. Ainsi, dans une perspective transpersonnelle, l’énergie et l’amour transmis lors du massage gagnent à être redistribués. C'est tout le trésor du double sankalpa du yoga nidra : si je me recharge d'un plaisir égoïste tout seul au bord de la mer ou lors d'un massage, je gagne un peu de santé. Par contre, si j'y associe un voeu pour autrui, pour mes proches ou la planète, je rentre dans une autre dynamique et je risque de gagner beaucoup de santé. Mon maître Yvan Amar disait que « L’amour amourifie ».  
–         Par la relaxation de Schultz La technique du training autogène de Schultz a donné lieu à plusieurs études qui semblent avoir statistiquement prouvé son efficacité dans plusieurs affections. Elle se pratique en 7 étapes : l'intégration d'un sentiment de calme, puis d'une sensation de lourdeur, de chaleur, la perception d'un rythme cardiaque régulier, d'une respiration tranquille, d'un plexus solaire chaud et d'un front frais. D'un point de vue archétypal, ces étapes sont en relation avec la pesanteur de la terre, la chaleur du soleil et de la vie, la circulation du sang et des eaux, la respiration des cellules,  le tout intégré harmonieusement dans l'homme, dans ses émotions et ses pensées . Terre, feu, eau, air. Nous sommes partie intégrantes de la nature, rien de moins (estime de soi), rien de plus (humilité). 
–         Par la recharge prâniqueCette pratique indoue se réalise en 4 étapes rythmées par la respiration, pendant lesquelles on visualise le prâna, ou énergie vitale, remplir les poumons, se concentrer au hara puis se distribuer à la partie malade.En 3 inspirations, l’énergie descend aux poumons, au plexus, puis au haraEn 3 rétentions poumons pleins, l’énergie s’emmagasine au haraEn 3 expirations, l’énergie se transmet à l’endroit du corps considéréEn 3 respirations (ou si possible rétentions poumons vides), l’énergie s’intègre, se cellularise à l’endroit en question. Le Qi gong et le taï-chi vont avoir un effet similaire, mais semblent plutôt agir en favorisant la libre circulation de l’énergie. - Par des disualisations diverses L’usage thérapeutique de la visualisation fait partie des méthodes traditionnelles, principalement au Tibet et en Inde. On peut en rapprocher les techniques utilisant les rêves provoqués par des plantes hallucinogènes, que l’on retrouve dans de nombreuses traditions, principalement sud américaine et africaine. La visualisation a aussi été utilisée par C. G. Jung : il l’appelait « l’imagination active » Elle a été reprise par Robert Desoille à travers « le rêve éveillé dirigé », par Hanscarl Leuner dans « l’imagerie affective guidée », par Roberto Assaglioni dans sa « Psychosynthèse » et par Alfonso Caycedo dans « la sophro-onirie ».  Le Dr. Gérald Epstein, psychiatre new-yorkais, a rassemblé diverses « visualisations de guérison », titre d’un de ses ouvrages paru dans la collection Jouvence en France en 1991. Parmi ces visualisations, la méthode Simonthon a été élaborée et étudiée dans les années 1980 aux Etats-Unis. Elle se présentait comme un traitement adjuvant efficace (c'est-à-dire complémentaire à la médecine classique) dans la prise en charge du cancer du sein.  Des visualisations extrèmement diverses existent, comme l'image de la petite sirène qui purifie le gros intestin et soigne les colopathies, l'image du triangle qui régularise le rythme cardiaque, ou encore l'image des feuilles de palme qui adoucissent la peau et soigne eczémas et psoriasis. - Le sourire intérieur C'est une de mes techniques préférée. Après une sophronisation de base rapide, on évacue les tensions de la partie du corps considérée On visualise alors un souvenir agréable, de façon à dessiner un sourire sur la bouche. On va ensuite déplacer ce sourire et les émotions positives qui y sont associées (gratitude, joie, sérénité, ...) au niveau du cœur, du plexus, du hara, puis sur la partie du corps en question. Quand on y arrive, c'est très, très efficace. C'est surtout possible quand le moral est bon et qu’on a des possibilités de jouissance (par contre, cela sera inefficace en période de déprime)

4-     Pacifier avec le facteur déclenchant 
Une maladie psychosomatique se déclenche assez souvent (mais pas toujours) suite à un traumatisme psychologique, réalisant en quelque sorte un SSPT (syndrôme de stress post traumatique.  Le traumatisme peut être (dissociation pédagogique) :
  • Physique : fessée, coup du lapin, viol, chute sur l’épaule, …
  • Emotionnel : jalousie, peur, déprime, …
  • Transmis par un modèle : ma mère a des migraines, mal au ventre, mon père a des sifflements d’oreilles, …
  • Cognitif : mauvaise nouvelle, deuil, soucis, …
  Dans les cas précédents, on pourrait par exemple souffrir, selon les cas :
  • D’une frigidité, de vertiges, de boulimie, d’une algodystrophie, …
  • De problèmes cardiaques, de fibromyalgie, de troubles immunitaires, …
  • De migraines, d'une colopathie, d'acouphènes, …
  • D’insomnie, d'un cancer du sein, de céphalées de tension, …
  Le traumatisme peut déclencher la maladie immédiatement, ou bien fragiliser le schéma corporel de la partie du corps blessée, favorisant la survenue ultérieure d’une maladie. -         Un conditionnement est associé Le traumatisme étant associé à des facteurs externes : date, heure, lieu, présence, … un conditionnement de type pavlovien peut se mettre en place : quand il est telle heure, quand je me retrouve dans tel endroit, quand je vois telle personne, … mon trouble réapparaît. Cela peut expliquer la survenue régulière des maladies lors des dates anniversaires. Je note en effet souvent en consultation « Tiens, vous étiez venu pour la même raison, à la même date les années précédentes » Comment découvrir le facteur déclenchant ?Plusieurs possibilités existent, en voici quelques-unes :
–         Tout d'abord le simple questionnement
–         Le tableau à double chronologie (à faire chez soi avec ses proches), mettant dans une colonne d’une part des évènements de la vie et d’autre part la survenue des pathologies.
–         En psycho-généalogie, gestalt, travail sur l’enfant intérieur, psychanalyse, …
–         En sophronisation plus ou moins profonde, et faisant suite au focusing vu préalablement, en posant la question : à quoi vous fait penser cette sensation ?
–         En sophro-anamnèseAttention à ne pas aller trop vite, et à ne pas mettre à jour des évènements facticescomme cela se voit trop souvent. Comment réduire la charge du facteur déclenchant ?

Cela peut aussi se faire de différentes façons :
–         En en parlant simplement, à une « grande oreille »
–         En écrivant des lettres, en s'enregistrant sur des cassettes, …
–         En créant un objet symbolique, celui vu en focusing par exemple (art-thérapie)
–         En jeux de rôles, gestalt, en émotionnel (mais attention au tonneau des Danaïdes)
–         En massages thérapeutiques
–         En désensibilisation progressive (sophrologie et TCC)Actuellement, la thérapie la plus efficace, selon les rapports de l'INSERM semble être l'EMDR. Par quoi commencer ?En favorisant l'auto-guérison, ou en pacifiant avec le facteur déclenchant ?  Bien malin qui peut le dire, et c'est bien là la richesse de notre pratique qui flirte avec le domaine intuitif de l'art. Pourtant, il y a encore les intégristes : pour certains, sans l'évacuation d'un hypothétique traumatisme déclenchant, pas de salut ! Et pour d'autres, rien de sert de remuer le passé ! Et chacun de traiter le clan adverse d'anti-symptomatique.  Dans ma pratique, le chemin idéal est médian : Si à l'anamnèse je retrouve un SSPT particulier, j'y vais. Mais si ce que je fais se révèle inefficace, c'est que je me suis trompé : je redeviens « anti-symptomatique ». Sinon, mon patient risque de « mourir guéri » comme on dit en anthroposophie (ce qui veut dire qu'on a réglé le problème originel, mais que la maladie physique continue d'évoluer pour son propre compte). Par contre, si je ne trouve pas de SSPT, je m'oriente sur la revitalisation et en cas d'inefficacité, je chercherai de façon plus détaillée ce qu'il convient de désintoxiquer. En fait, en réalité la pratique est plus fine, car « l'inter-sommes » de l'expérience, de l'humilité et de l'intuition, du thérapeute et du patient/client, interagissent subtilement pour indiquer le chemin vers la guérison : on inter-agit, on inter-est, c'est beau, c'est grand, c'est du flow, et la guérison vient ... par surcroît ? On dit que la Voie du Thérapeute est une authentique chemin de libération,dont le modèle est le Bouddha bleu de médecine.Qui a dit : « Ne me croyez surtout pas ».

Docteur Gilles Pentecote
Formateur ARTEC dans le cycle Relaxation
 

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