B- A cette étape, il va être utile de quantifier son degré de dépendance :
| D’après le questionnaire de dépendance de Fagerström : | Vos points : | | Combien de cigarettes fumez-vous par jour ?Moins de 10 = 0 points ; de 11 à 20 = 1 pt.De 21 à 30 = 2 pts ; Plus de 30 = 3 pts | | | Quand fumez-vous votre première cigarette après le lever ?Dans les 5 minutes = 3 points ; Entre 6 et 30 mn = 2 pts ;Entre 30 et 60 mn = 1 pt. ; Plus tard = 0 pts | | | Inhalez-vous la fumée ?Jamais = 0 point ; Souvent = 1 pt ; Toujours = 2 pts | | | Quel taux de nicotine y a-t-il dans vos cigarettes ?Moins de 0.6 mg (ultra-light) = 0 ptsDe 0.6 à 1 mg (light) = 1 pt ; Plus de 1 mg = 2 pts | | | Quelle cigarette trouvez-vous la meilleure ?La première = 1 pt. ; N’importe laquelle = 0 pt. | | | Vous est-t-il difficile de ne pas fumer après manger ?Oui = 1 pt. ; Non = 0 pt. | | | Avez-vous du mal à ne pas fumer lorsque c’est interdit ?Oui = 1 pt. ; Non = 0 pt | | | Continuez-vous à fumer en cas de gros rhume ou de bronchite ?Autant = 2 pts ; Moitié moins = 1 pt ; Presque plus = 0 pts | | | Avez-vous déjà arrêté facilement de fumer ?Oui, facilement = 0 pt. ; Non, pas facilement = 1 pt | | | Avez-vous déjà arrêté de fumer ?Jamais = 2 pts ; Oui, plus de 2 jours = 1 pt ; Plus de 10 jours = 0 pt | | Total du tableau : Interprétation : 0 à 3 : pas de dépendance - 4 à 7 : dépendance faible - 8 à 11 : dépendance moyenne - 12 à 14 : dépendance forte - 15 à 18 : dépendance majeure
2- Dynamiser sa motivation en évaluant les bénéfices de l’arrêt Tableau 1Pour chacune des raisons suivantes, estimez votre motivationet inscrivez les points correspondant : | Aucune 0 | Faible 1 | Moyenne 2 | Forte 3 | | Je veux … protéger ma santé | | | | | | Retrouver une bonne condition physique | | | | | | Faire des économies | | | | | | Retrouver l’odorat | | | | | | Retrouver le goût des aliments | | | | | | Ne plus intoxiquer mon entourage | | | | | | Avoir un enfant | | | | | | Etre mieux dans ma peau | | | | | | Me libérer de cet esclavage | | | | | | Mieux respirer | | | | | | Retrouver une bonne haleine | | | | | | Protéger la santé de mes enfants | | | | | | Préserver mon aspect physique | | | | | | Autre : | | | | | TOTAUX | | | | | Total général du tableau 1 :
| | | | |
3- Acquérir une solide confiance dans sa capacité de réussite
a- Etes-vous dans une période favorable de votre vie ?
Tableau 2 : vos circonstances de vie Points : | Tout à fait : 2 | Assez :1 | Ni plus ni moins : 0 | Pas trop : -1 | Pas du tout : -2 | | Actuellement, tout va bien au niveau familial | | | | | | | Tout va bien sur le plan professionnel | | | | | | | Je viens à la consultation spontanément | | | | | | | Je suis enceinte ou ma conjointe l’est | | | | | | | J’ai bon moral | | | | | | | Je me sens en forme | | | | | | | J’ai l’habitude de réussir ce que j’entreprends | | | | | | | Mon poids est stable | | | | | | | Je suis d’un tempérament plutôt calme | | | | | | | Mon sommeil est correct | | | | | | | Je veux accéder à une meilleure qualité de vie | | | | | | | Autre : | | | | | | TOTAUX | | | | | | Total général du tableau 2 :
b- Avez-vous des craintes pourraient limiter votre réussite ?
| Tableau 3 : vos appréhensionsPoints : | Pas du tout : 0 | Modéré-ment : 1 | Tout à fait : 2 | | J’ai peur de grossir | | | | | J’ai peur d’être irritable | | | | | J’ai peur de ne pas y arriver | | | | | J’ai peur d’avoir des problèmes de sommeil | | | | | J’ai peur d’être en manque | | | | | J’ai peur d’être moins performant | | | | | Autre peur : | | | | TOTAUX | | | | Total général du tableau 3 : Votre total final = total 1 + total 2 – total 3 = (le total 3 se soustrait) Interprétation : Moins de 30 : à priori, ce n’est pas la bonne période pour arrêter : revoyons cela dans quelque temps .De 30 à 40 : il faut faire un essai, mais des difficultés sont à prévoirDe 40 à 50 : C’est un bon moment ; Au dessus de 50 : la réussite est quasi assurée
4-Mettre en place la stratégie comportementale du sevrage
Pour bien réussir son sevrage, il est nécessaire de prendre conscience des raisons qui animent notre besoin de fumer : quel genre de fumeur êtes-vous ? En effet, les causes de la dépendance à la cigarette ne sont pas toutes les mêmes selon les individus, car il peut s’agir :
- D’une dépendance à la nicotine, celle-ci présente des propriétés déstressantes et anxiolytique chez certaines personnes, et stimulantes chez d’autres . - D’une dépendance sensorielle, par le plaisir gustatif qu’on en retire, comme c’est souvent le cas après les repas - D’une dépendance psychologique, qui peut être multifactorielle : · L’habitude d’effectuer le geste dans telle ou telle situation · Le modelage parental ou social (je fume comme mes parents, comme tel sportif, telle vedette, comme mon médecin ( !) …) · Ce peut aussi être une pulsion auto-destructrice: « Je sais que je me détruis, et je continue »
Tableau n° 4 Pour moi, fumer, c’est : | Rarement | Souvent | Toujours | Imaginez ce que vous pourriez faire dans ces conditions, au lieu de fumer * | Un geste automatique | | | | | Un geste convivial avec d’autres fumeurs | | | | | Un plaisir gustatif et/ou olfactif | | | | | Un moment de détente et de plaisir | | | | | Une stimulation en cas de difficulté | | | | | Un moyen de détente en cas de stress | | | | | Une aide quand je n’ai pas le moral | | | | | Une aide pour me couper l’appétit | | | | | Me donner de l’assurance en public | | | | | Un moment intime avec un(e) ami(e) | | | | | Une compagnie quand je me sens seul | | | | | Faire comme telle personne : | | | | | Ou encore telle autre : | | | | | Me détruire | | | | | Autre raison : | | | | | Voici quelques idées d’actions que l’on peut effectuer quand une envie de fumer se fait sentir : - On peut par exemple sortir de la pièce ou changer d’activité, - Boire un grand verre d’eau fraîche qui anesthésie un temps le besoin gustatif du tabac, - Mâcher un chewing-gum ou prendre un bonbon non sucré - Pratiquer quelques respirations profondes, en humant éventuellement une huile essentielle - Prendre un remède homéopathique, ou à base de plante, - Pratiquer une relaxation ou visualisation créatrice rapide, comme s’imaginer libéré du tabac, dans un paysage plaisant, empreint de sensations et d’émotions agréables - Trouver une phrase que l’on pourra se répéter « en boucle »: par exemple : « je suis heureux d’arrêter de fumer », « j’ai décidé … », … Trouvez maintenant votre propre phrase : La survenue du désir de fumer doit déclencher un réflexe comportemental immédiat : on effectue ce que l’on a choisi de faire, d’imaginer ou de penser .
Une fois que la détermination est bien ancrée, il faut y aller avec enthousiasme et conviction : il faut jouer le jeu à fond .
Dans la grande majorité des cas, il est conseillé de s’arrêter de fumer totalementQuand on s’arrête progressivement, c’est en général considérablement plus difficile : on lutte sans cesse contre l’envie de fumer, qui n’a pas tendance dans ce cas à diminuer de jour en jour ; On finit donc par reprendre tôt ou tard . Par contre, quand on s’arrête de fumer brutalement, ce ne sera plus difficile que tous premiers jours . Certaines personnes par contre choisissent de diminuer progressivement leur consommation, en passant par exemple de 30 à 15 cigarettes en quelques semaines ; C’est tout à fait possible, et très encourageant dans un premier temps ; Cependant, le dernière étape devra par contre se faire d’un seul coup .
5-Mettre en place la stratégie cognitive du sevrage
On se trouve constamment de nombreuses raisons pour ne pas arrêter de fumer : l’ancien fumeur s’est mis en place un ensemble de petits discours intérieurs qui confortent le statut quo
Reconnaître ces discours plus ou moins inconscients, permet dans un deuxième temps de les discuter en toute clarté d’esprit :
Tableau n° 5 Pour moi, je n’ai pas envieD’arrêter de fumer car : | Rarement | Souvent | Toujours | Imaginezdes pensées alternatives,ou voyez si vous pouvezprendre des décisions adaptées | Tout le monde fume autour de moi | | | | … | Telle personne que j’admire fume aussi | | | | … | J’ai déjà essayé sans succès | | | | Cf. chapitre suivant sur les rechutes | Je n’ai pas assez de volonté | | | | Cf. chapitre estime de soi | J’ai peur de grossir | | | | Voir (a) | J’ai peur d’être irritable | | | | Cf. chapitre irritabilité et colères | J’ai peur de mal dormir | | | | Cf. chapitre sur l’insomnie | J’ai peur d’être en manque | | | | Voir (b) | J’ai peur d’être moins performant | | | | Voir (c) | J’ai peur de tomber malade | | | | Voir (d) | Il est trop tard pour arrêter | | | | Voir (e) | Autre : | | | | |
(a) Effectivement, une prise de poids est fréquente à l’arrêt du tabac,et est liée à plusieurs facteurs :
- La nicotine a un effet lipolytique, ce qui veut dire qu’elle aide à faire fondre les graisses ; 10 cigarettes par jour stabilisent le poids à 1 kg en-dessous de ce qu’il serait sans fumer . Cela veut dire aussi que quand on arrête de fumer 20 cigarettes par jour, on va reprendre 2 kgs, et 3 kgs pour 30 cigarettes en moins . - Le tabac altère le goût : quand on arrête de fumer, le plaisir gustatif revient : les aliments ont une meilleure saveur ; on a alors tendance à manger plus … - Certaines personnes ont besoin de mettre quelque chose à la bouche, et risquent de remplacer la cigarette par des grignotages (voir dans ce cas le chapitre correspondant) - Et enfin, si la cigarette était perçue comme un anti-stress, l’alimentation peut prendre le relais, et une certaine boulimie compenser le manque de cigarettes (reprendre alors le chapitre sur la gestion du stress en général) (b) La sensation du besoin de fumer nous attaque par vagues ; - Quand la sensation de manque commence à se faire sentir, il faut savoir d’une part qu’elle ne va pas croître indéfiniment, et qu’elle ne va pas durer non plus indéfiniment ; - Ces périodes ont donc une intensité et surtout une durée limitée, de l’ordre de quelques minutes : il suffit de tenir bon durant ce laps de temps, et c’est gagné … pour un temps ! - Par ailleurs, le café joue un rôle important : l’état de manque est directement lié à la consommation de caféine : le café appelle le tabac, et le tabac appelle le café ! Il ne s’agit pas de tout arrêter en même temps, mais il est utile de savoir que lors de l’arrêt du tabac, il sera plus facile de réduire un excès de café, et inversement . (c) Chez les personnes pour qui le fait de fumer s’associait à une augmentation des performances intellectuelles, - Il faut savoir que celles-ci reviendront à leur niveau optimal en 8 à 15 jours . (d) Concernant la recrudescence des symptômes ORL et pulmonairesdans les semaines qui suivent l’arrêt du tabac . - D’une part, il y a effectivement une augmentation des sécrétions nasales et bronchiques : le tabac inhibait le fonctionnement du tapis ciliaire, qui a pour fonction d’éliminer les mucosités . Ce « tapis-roulant », qui est l’éboueur de nos bronches, se remet donc à fonctionner après l’arrêt du tabac : c’est en fait bon signe, et ces symptômes finiront par disparaître tôt ou tard . - D’autre part, la fumée n’anesthésiant plus nos muqueuses, on devient bien plus sensible à nos perceptions ORL, et on se rend compte plus facilement qu’avant des irritations ou des sécrétions qui coulent au fond de notre gorge ; Ce n’est pas forcément un signe de maladie, sauf si cela durait trop longtemps .
(e) On se dit parfois : « Il est trop tard pour arrêter », « De toutes façons, le mal est fait » …- En fait, le risque de voir apparaître une maladie après le sevrage diminue dans tous les cas, mais plus ou moins vite selon les organes : - Si le risque bronchitique est assez long à chuter, puisqu’il diminue de 50% en 10 ans, - Le risque cancéreux chute lui de 50% en 5 ans - Et le risque cardiaque chute encore plus rapidement : de 50% en 2 ans . Il est donc toujours temps d’arrêter, même à 70 ans !
6- Gérer les difficultés du sevrage Quand on arrête de fumer, il faut savoir comment se comporter avec son entourage ; En général, il faut en parler et se positionner avec fermeté, en demandant aux gens de vous aider . Ne pas trop parler des difficultés ressenties évite les remarques décourageantes Quand un couple fume, il est bon de s’arrêter de fumer à deux ; Sinon, la rechute est quasi inéluctable ; Plus personne ne doit fumer au domicile, et il faut faire disparaître les cendriers .
A cette période ou il faut maintenir le sevrage, il convient de bien prendre conscience des situations à risque, les situations où l’on ressent l’envie de fumer ; On peut pour cela remplir un tableau 3 colonnes tel que le suivant : Situations déclenchant l’envie | Emotions ressenties | Pensées ponctuelles | Exemple : vue d’un cendrier | énervement | « Ca me donne envie! » | La pause café au travail | Gène | Je vais paraître ridicule de refuser | | | | | | | | | Il peut être alors utile de se déterminer d’avance sur une réaction adaptée, afin de na pas se laisser surprendre : | Que diriez-vous dans les situations suivantes : | Imaginez une Réponse adaptée : | On me propose une cigarette | | Quelqu’un fume en face de moi | | On me demande : Ce n’est pas trop difficile ? | | On me dit : moi, j’ai essayé plusieurs fois, mais j’ai rechuté très vite | | Autre situation : | | 7- Pacifier avec la rechute La rechute est une étape quasi obligatoire dans le processus de libération d’une dépendance : 90% des fumeurs vont rechuter une ou plusieurs fois avant de cesser définitivement . Ce sont les enseignements liés aux causes de la rechute qui favoriseront la réussite lors de la prochaine tentative d’arrêt .
Les questions à se poser sont : « Quelle sont les causes de ma rechute ? », « Quelles sont les circonstances qui m’ont conduit à reprendre ? »
Les causes des rechutes précoces sont en général liées aux difficultés à gérer la sensation du manque et l’irritabilité ; Les rechutes à 1 mois sont dues à une démobilisation, notamment en cas de prise de poids, ou encore en l’absence de soutien de l’entourage . Les rechutes tardives viennent du fait qu’on se croit guéri, et qu’on accepte une cigarette « Rien qu’une ! » : « Comme j’ai pu arrêter totalement, je suis donc capable de me contrôler »
On rechute en général lors d’un grand stress, ou au contraire lors d’une soirée agréable : les périodes de noël sont très propices à la reprise . Tout le monde sait bien que, quand on reprend une seule cigarette, on revient à sa consommation antérieure 2 à 3 jours après : quelqu’un qui fumait 2 paquets et qui a réussi à arrêter complètement, même plus de 6 mois, recommencera en 48 heures à fumer ses 2 paquets s’il fait l’erreur d’en reprendre une seule un soir de noël ! On le sait, on l’a entendu maintes et maintes fois, mais on ne le croit pas ; On ne croit pas que ce puisse être vrai aussi pour soi ; C’est seulement quand on l’a vécu qu’on intègre réellement cette notion que la véritable dépendance au tabagisme provoque une addiction pour la vie : il faut se dire qu’on en est jamais vraiment libéré, même si tout symptôme de manque a disparu .
Afin de pouvoir contrôler chaque situation de rechute possible, il peut être utile de prévoir d’avance une phrase ou une visualisation créatrice, à intégrer pour sa vie ; Une pensée possible pourrait être : « Je suis heureux (fier, …) d’être définitivement libéré du tabac » « Il est hors de question que je laisse la moindre envie m’effleurer », … Trouvez maintenant votre phrase : …
Tirer judicieusement les leçons des rechutes Permet qu’à chaque tentative d’arrêt,les chances ultérieures de réussite augmentent .
8- Les différentes aides possibles - Autour de la médecine chinoise : acupuncture, auriculothérapie, sympathicothérapie, shiatsu - En homéopathie : Tabaccum 7 ch et Gelsemium 5 et 15 ch - En phytothérapie : toutes plantes anti-stress, surtout valériane et H.E. Sassafras
- Veiller à son alimentation va être très important : sachant que l’acidification du corps majore les sensations de manque, il sera utile de consommer des aliments alcalinisants (fruits et légumes, laitages), et de diminuer les aliments acides au goût ainsi que les aliments acidifiants (viandes principalement) . - D’autre part, si on arrive à réduire le niveau calorique de ses repas, on évitera certainement une prise de poids (il suffit le plus souvent de réduire sa consommation d’huiles et de graisses, aliments de loin les plus caloriques)
- Prendre l’habitude de pratiquer régulièrement un exercice physique aura de nombreux effets bénéfiques : d’une part il permet une excellente détente nerveuse et calme le besoin de fumer, et d’autre part il limite la prise de poids .
- Les moyens médicamenteux peuvent aussi être d’une grande aide : · D’une part les substituts nicotiniques, qui se présentent sous forme de gommes à mâcher ou de timbre à appliquer sur la peau, 24 heures sur 24 ou 16 heures sur 24 . · D’autre part le dernier médicament sorti qui joue sur les systèmes cérébraux dopaminergiques de récompense (Zyban ® )
Docteur Gilles Pentecote Formateur ARTEC, cycle Relaxation
Les associations d’aide : - Action et lutte contre le tabagisme : 12 rue Troyon, 75017, Paris ; tel : 01 45 72 26 24
- Association tabac et liberté : 36 rue Alsace-Lorraine, 31000, Toulouse ; tel : 05 61 23 42 30
- Comité national contre le tabagisme : 11 rue Albert Joly, 7800, Versailles ; tel : 01 39 43 44 62
- SOS tabac France : 4 impasse Mathieu, 75015, Paris ; tel : 01 40 47 00 47
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